Vous avez réservé vos vacances en janvier, cliqué sur "J'ai lu et j'accepte" sans lire, et depuis vous n'avez plus pensé à votre vol. Bienvenue dans le club. Mais cet été, il va falloir lever le nez de l'écran une minute.

Crédit photo José Lebron
Ce qui s'est passé pendant que vous ne regardiez pas
En février 2026, la guerre au Moyen-Orient a bloqué le détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% du pétrole mondial. Le kérosène, qui représente jusqu'au quart des charges d'une compagnie aérienne, a été multiplié par 2,5 en trois mois. À 1430 euros la tonne en mai, le secteur aérien a dû s'adapter vite.
Résultat : 13 000 vols supprimés en Europe, deux millions de sièges retirés du marché, des surcharges carburant apparues sur certains billets et des programmes réduits sur les lignes secondaires. Lufthansa, British Airways, KLM et Turkish Airlines font partie des compagnies ayant revu leurs programmes.
Bonne nouvelle quand même : la FNAM a confirmé mi-mai que l'approvisionnement en kérosène est sécurisé pour l'été. 37,3 millions de passagers ont volé au premier trimestre 2026. Le ciel est ouvert, les avions partent. Juste un peu moins, sur certaines lignes.
Ce que le voyageur moyen fait en ce moment
Il ne vérifie pas si son vol est maintenu. Il part du principe que si quelque chose avait changé, on l'aurait prévenu. C'est vrai. L'email est probablement dans ses spams entre une newsletter de supermarché et une offre de crédit.
Il n'a pas lu les conditions générales de son billet. Personne ne lit les conditions générales. Sauf que cette année, certains billets incluent une surcharge carburant indexée sur le prix du kérosène. C'est légal. C'est là. C'est page 47.
Il ne sait pas que si son vol est annulé, il a droit à un remboursement intégral sous 7 jours. Pas un avoir. Un vrai remboursement. En euros. Sur son compte. La crise du kérosène n'est pas une circonstance extraordinaire au sens du règlement EU261. La compagnie ne peut pas s'en servir pour refuser de rembourser.

Crédit photo Pim De Boer
Ce que le voyageur bien informé fait différemment
Il vérifie son vol dans les semaines précédant son départ. Deux minutes sur le site de sa compagnie. Les lignes secondaires ont été les premières réduites.
Il a souscrit une assurance annulation. Pas par paranoïa. Par bon sens.
Il connaît le règlement EU261. En cas de retard de plus de 3 heures, il a droit à 250 euros pour les vols de moins de 1500 km, 400 euros jusqu'à 3500 km, 600 euros au-delà. Il garde sa carte d'embarquement et ses justificatifs.
Et si une compagnie lui propose un avoir à la place d'un remboursement, il décline poliment mais fermement.

Crédit photo Imène NESSAH
En résumé
L'été 2026 est un peu plus compliqué que les précédents. Pas dramatique, pas catastrophique. Juste un été où être informé fait la différence entre des vacances qui se passent bien et une mauvaise surprise à l'aéroport.
La différence entre ces deux scénarios tient à dix minutes de lecture.
Vous venez d'en faire la moitié.
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