Dans trois semaines, le 7 novembre, le chef étoilé Charles Coulombeau ouvrira à Nancy son atelier de cours de cuisine. Six élèves par samedi, le chef aux fourneaux une fois sur deux, et un programme qui fait la chasse au gaspillage. Avant même l’ouverture, les candidats se bousculent.
Apprendre à sublimer une carcasse de poulet ou une botte de fanes aux côtés d’un chef étoilé. C’est la promesse de Charles Coulombeau, chef étoilé de La Maison dans le Parc à Nancy et de Yozora à Metz, et les gourmands n’ont pas attendu l’ouverture pour répondre présent. Dès l’annonce sur les réseaux, mi-septembre, une quinzaine de candidats s’étaient positionnés, selon le chef. Pour un atelier de six places, le calcul est vite fait : il faudra patienter.
On ne regarde pas, on cuisine
Le cours de chef classique a ses codes. Le chef officie, la salle prend des notes, tout le monde goûte à la fin. Coulombeau a rangé ce théâtre au placard. Dans son studio flambant neuf, deux cuisines équipées à deux pas de l’église de Bonsecours, les participants mettront les mains dedans. Deux cuisiniers les suivront de bout en bout. Le chef, lui, promet d’être là pour la moitié des sessions. Les autres samedis, ce sont ses chefs et ses seconds qui prendront le relais.
Le ton est donné d’entrée. Pas question d’intimider qui que ce soit. Le chef parle d’une cuisine ménagère « plus plus », à la portée de tous les gourmands, et veut ouvertement désacraliser la gastronomie. Traduction : vous ne repartirez pas avec une recette impossible à refaire, mais avec des gestes que vous reproduirez le dimanche suivant.
Le luxe de ne rien jeter
Le cœur du programme tient dans ce que les restaurants cachent d’habitude : leurs poubelles. Fanes de carottes, parures, épluchures, carcasses. Tout ce qui finit à la benne chez le particulier devient ici matière première. « Les fanes, les parures ou les épluchures ont souvent beaucoup plus à offrir qu’on ne le pense », martèle le chef.
L’idée a de quoi séduire : apprendre d’un grand chef à ne rien perdre. Elle est surtout parfaitement cohérente. Coulombeau défend depuis des années une cuisine sans gaspillage, nourrie par un réseau serré de producteurs lorrains. L’atelier ne vend pas une posture verte. Il ouvre au public ce que ses brigades pratiquent chaque jour en coulisses.

Une matinée, un déjeuner, un sac plein
Pour 250 euros la séance, le chef soigne l’expérience. Petit-déjeuner d’accueil, cours, puis déjeuner gastronomique de saison avec accord mets et vins en fin de matinée. On repartira avec ses préparations, une photo, des produits de l’épicerie maison et quelques cadeaux. Une thématique nouvelle chaque mois, toujours dictée par la saison, donnera envie de revenir. Bons cadeaux et ateliers privés pour les entreprises complètent l’offre.
La cible ? Les gourmands du coin, les habitués de ses restaurants, et surtout les visiteurs venus passer un week-end à Nancy. L’atelier a tout du produit touristique haut de gamme : rare, incarné, impossible à copier ailleurs.

Coulombeau, la marque
Ce studio n’arrive pas seul. Il s’inscrit dans une marque lancée voilà près d’un an, Atelier Coulombeau, qui aligne déjà confitures, pâtes à tartiner, misos, terrines et spiritueux. Les bocaux d’abord, le savoir-faire ensuite. Le chef ne se contente plus de remplir des assiettes : il construit un univers.
Il en a les moyens. Normand passé chez Michel Guérard, les frères Coussau et au Gravetye Manor en Angleterre, nourri par un séjour au Japon, il est revenu en France à la faveur du covid pour reprendre avec sa femme Roxane La Maison dans le Parc, adossée à l’Opéra de Nancy. Il a depuis ouvert Yozora au Centre Pompidou Metz. Ses deux restaurants décrochent chacun une étoile au guide Michelin. S’y ajoutent le Prix Culinaire International Pierre Taittinger en 2020, le titre de Grand de Demain et celui de Chef de l’année 2026 décerné par le guide Pudlo.
Beaucoup de chefs étoilés proposent des cours. Peu choisissent de transmettre ce que leurs cuisines savent faire de mieux en silence : ne rien gâcher. Charles Coulombeau, si. Et visiblement, ça plaît.

En pratique
- Ouverture : samedi 7 novembre 2026
- Où : studio de l’Atelier Coulombeau, près de l’église de Bonsecours, Nancy
- Quand : chaque samedi, cours le matin puis déjeuner
- Tarif : 250 euros la séance
- Jauge : 6 participants maximum, encadrés par 2 cuisiniers
- Animation : Charles Coulombeau pour la moitié des sessions, ses chefs et seconds pour les autres
- Programme : une thématique par mois, autour des produits de saison
- Formule : petit-déjeuner d’accueil, cours, déjeuner gastronomique avec accord mets et vins, préparations à emporter, photo, produits d’épicerie et cadeaux
- Entreprises et groupes : ateliers privés sur demande
- Bons cadeaux : disponibles
Commentaires
Pour laisser un commentaire, vous devez vous identifier ou créer un compte.
Aucun commentaire pour le moment.